Hier apanage de quelques « happy few », l’usage des réseaux sociaux se démocratise dans l’univers du recrutement. Selon une étude menée en juin 2009 par le site américain Careerbuilder, 45 % des recruteurs ont aujourd’hui recours aux Facebook, Myspace et autre Twitter pour glaner des renseignements sur les profils qu’ils sélectionnent. Ils n’étaient que 22 % en 2008. Une arme de recherche d’emploi intéressante mais qui peut se révéler à double tranchant pour les candidats qui n’y prennent pas garde.
Trouver du travail grâce aux réseaux sociaux ne relève pas d’une mission impossible. 18 % des recruteurs interrogés par Careerbuilder ont ainsi embauché un candidat après avoir visité sa page sur Facebook. Une fois sur deux, c’est la bonne impression laissée par le profil qui a permis de faire la différence. « Pour le candidat c’est l’occasion de faire vivre son CV autrement. Il peut développer ses expériences, ses formations, partager ses centres d’intérêt, des articles, des blogs… Une manière d’offrir un autre éclairage sur son profil », observe Dan Guez, co-fondateur du cabinet de recrutement en ligne OpenSourcing.
Perso, mais pas trop
Pour autant, tous les candidats sont loin d’avoir rencontré le succès escompté grâce à leur page Facebook. Certains se mordent même les doigts de s’être ainsi exposés sur la toile. Les chiffres de l’étude américaine parlent d’eux-mêmes : 35 % des recruteurs ont ainsi renoncé à embaucher un candidat qu’ils avaient préalablement sélectionné à cause de cette fameuse page.
Photos de soirées arrosées, vidéos de vacances olé olé ou commentaires provocants ont ainsi échaudé 53 % des recruteurs. Pour 35 % d’entre eux, ce sont les critiques acerbes faites au sujet d’anciens collègues, patrons ou clients qui ont mis un terme au processus de recrutement. Un phénomène quelque peu paradoxal puisque c’est justement des informations plus personnelles que les recruteurs viennent glaner sur les réseaux sociaux, « mais lorsque l’on cherche un emploi, il faut être très prudent et faire preuve de professionnalisme, même sur son profil Facebook », appuie Dan Guez.
Attention donc aux documents partagés et aux commentaires diffusés. Un conseil qui vaut même pour ceux qui utilisent les réseaux sociaux uniquement pour échanger avec leurs amis. Le co-fondateur d’OpenSourcing s’explique : « une fois sur deux, le recruteur google le nom du candidat, même si celui-ci n’évoque pas son profil Facebook ». La parade ? « Il faut veiller à bloquer l’accès à son profil, recommande Dan Guez. Le recours au pseudo est également une bonne solution. »
Les pros avec les pros
Les réseaux tels que le populaire Facebook, n’ont pas à l’origine de vocation professionnelle alors que Viadeo et LinkedIn ont été créés à cette fin. « Les candidats doivent savoir que 80 % des professionnels du recrutement ont un profil Viadeo, même s’ils ne l’utilisent pas pour recruter », confie-t-il. Pros du recrutement mais aussi chefs d’entreprises et spécialistes, ces réseaux professionnels permettent d’avoir accès à des personnes normalement inaccessibles par les filières habituelles.
Faut-il encore savoir entrer en relation avec elles. « Il ne faut surtout pas jouer la course aux contacts. Un candidat avec 3 000 connaissances donnera l’impression de s’éparpiller et d’accepter n’importe qui », constate Dan Guez. Méfiance aussi avec les personnes que vous ne connaissez pas : « Personnellement, je n’accepte aucune invitation sans prendre de renseignement. »
Candidats, attention donc aux invitations sans message. Une demande de contact sérieuse se doit d’être motivée, « je dois avoir envie de l’intégrer dans mon réseau » illustre l’expert en e-recrutement. Là aussi, le professionnalisme est donc de rigueur. Blogs, articles, hubs : attention aux inscriptions choisies et aux commentaires diffusés et retenez donc vos doigts 7 fois avant de cliquer.
Sandrine Guinot (NAO Presse)